Category Archives : CONVOCATIONS EN FRANÇAIS 2014


CONVOCATION 28 SEPTEMBRE 2014 : NOTRE POSITION FACE AUX CONFLITS ACTUELS

Notre position face aux conflits actuels


Ces derniers mois, nous avons observé avec inquiétude l’intensification de nombreux conflits : le conflit entre la Palestine et Israël, entre la Russie et l’Ukraine, la guerre civile en Syrie, des tensions montantes en Irak…des conflits qui attirent aussi l’intérêt des médias parce que ces conflits affectent l’Occident et l’Espagne en particulier.

Malgré le sérieux des conflits cités ci-dessus, nous voulons rappeler que ce ne sont pas les seuls ; il y a beaucoup de conflits oubliés qui causent de la souffrance et de la destruction, mais qui ne sont pas remarqué par l’opinion publique : des conflits ouverts comme au Soudan, dans le Sud-Soudan, la République centrale d’Afrique, le Congo, le Nigéria, le Niger, le Tchad, le Mali, la Lybie, l’Egypte, l’Afghanistan, le Pakistan, Myanmar… en plus d’autres pays qui n’expérimentent pas de conflit ouvert mais où il y a un degré de violence élevé.

Les Femmes en Noir de Madrid contre la guerre :

Dénoncent les violations des droits humains, les crimes de guerre et les crimes contre l’humanité dans tous les endroits impliqués dans ces conflits. Nous réclamons que de telles violations ne restent pas impunies indépendamment de qui les commet.

Nous voulons que l’Occident, l’OTAN et spécialement l’Espagne assument leurs responsabilités pour agir ou ne pas agir dans les conflits actuels.

Nous voulons que les intérêts politiques ou économiques ne soient pas prioritaires par rapport à la vie et la dignité des gens, la sécurité humaine et la paix.

Nous dénonçons l’économie de guerre et les intérêts économiques dans les conflits. Il est immoral et inacceptable que la souffrance de millions de personnes soit tolérée pour permettre un enrichissement croissant de quelques compagnies. Il n’est pas acceptable que des budgets de défense de beaucoup de pays, y compris le nôtre, soient maintenus tels qu’ils sont, ou augmenté, quand il y a beaucoup de coûts sociaux à couvrir qui sont diminués tous les jours. Nous voulons pouvoir dire « ni ceci, ni cela », que nous ne supportons aucun groupe ni aucun parti. Il y a un troisième chemin politique sans confrontation armée, et nous rejetons les discours militaristes qui polarisent la société en amis et en ennemis.

Nous sommes aux côtés de la société civile, qui est celle qui souffre des conséquences de la guerre. Nous croyons qu’une issue réelle et définitive du conflit devrait émerger d’un changement de valeurs et de l’implication de la société civile.

Nous sommes solidaires des femmes qui vivent dans des pays en conflit. Quand la structure entière sociale et humaine manque, ce sont elles qui entretiennent la vie, qui maintiennent les liens d’unité et sont les agents de la réconciliation.

Nous soutenons les initiatives de la société civile dont l’objectif est de fomenter une co-existence harmonieuse et des droits humain, localement, régionalement et mondialement, de sorte qu’un jour ces qualités deviennent universelles.

Traduit de l’anglais par Edith Rubinstein, Bélgica


CONVOCATION 25 AVRIL 2014: NON À LA GUERRE EN UKRAINE !

Non à la guerre en Ukraine !

Les Femmes en Noir organisent une vigie en noir et en silence pour le 24 mai 2014 sur la Place de la République à Belgrade avec le titre « Non à la guerre en Ukraine ! »

Les Femmes en Noir condamnent les actions militaires et la violence en Ukraine, dont les victimes augmentent chaque jour, comme conséquence de la politique impérialiste de la Russie et le fascisme croissant en Ukraine.

Nous demandons un plus grand effort de la communauté internationale pour donner priorité aux droits et à l’avenir de la population civile, garantissant son intégrité sans discrimination de l’origine ethnique, de la nationalité ou toute autre affiliation au lieu de chercher à atteindre, à tout prix, des accords basés sur les intérêts géostratégiques des états les plus puissants.

C’est pourquoi, afin d’éviter une escalade majeure de violence et une guerre en Ukraine, nous réclamons à la communauté internationale qu’elle accorde un soutien fort et décisif à toutes les organisations de paix en Ukraine et en Russie et à toutes les personnes qui refusent toute forme de mobilisation forcée, et la protection des minorités, ainsi que le respect de leurs droits et libertés.

Nous rappelons que la guerre bénéficie uniquement aux puissants, aux profiteurs de guerre et au complexe militaro-industriel, qui maintiennent leurs privilèges et leur pouvoir par la destruction, la perpétuation de la haine parmi les communautés et la mort. Une fois de plus, ce sera une population civile qui souffrira, spécialement les plus vulnérables : les enfants, les femmes et les vieux, indépendamment de leur nationalité ; comprenant également, le groupe qui est le plus vulnérable aujourd’hui, les citoyens ukrainiens d’origine russe, que la Fédération russe prétend défendre, l’excuse toujours fournie par ceux qui sont au pouvoir pour justifier une invasion et un pillage culturel et économique.

Commémorant la Journée internationale des femmes pour la paix et le désarmement, le 24 mai, les Femmes en Noir attirent l’attention sur l’augmentation de la militarisation locale, régionale et mondiale, à la fois de la conscience et de l’armement et la dénoncent. A côté de l’escalade militaire en Russie et en Ukraine, nous observons une extension de la flotte de l’OTAN dans la mer Noire et les pays environnants. Il est tout-à-fait inadmissible que davantage d’argent soit consacrée à des armes au milieu d’une crise qui affecte toute l’Europe.

Le Réseau international des Femmes en Noir organisera des manifestations, le même jour, en Espagne, en Russie, en Serbie…

Organisé et diffusé par le Réseau international des Femmes en Noir contre la guerre.

Traduit de l’anglais par Edith Rubinstein, Bélgica


CONVOCATION 27 AVRIL 2014: L’IMMIGRATION N’EST PAS LE PROBLEME

L’IMMIGRATION N’EST PAS LE PROBLEME


” … comme femme, je n’ai pas de pays. Comme femme, mon pays est le monde entier. ”

Virginia Woolf


Les Femmes en Noir de Madrid veulent dénoncer la politique migratoire de l’Union européenne et spécialement celle du gouvernement espagnol.

L’Afrique saigne à cause de guerres, de famines et de surexploitation de ses ressources naturelles aux mains d’entreprises multinationales de l’occident. Près de 12.000.000 de réfugiés en Afrique sont agglutinés dans des camps de réfugiés dans des régions variées ou dans des pays voisins. La majorité sont des femmes et des enfants, et les femmes sont l’objet de violence sexuelle.

L’Europe, cependant, s’attendent à ce que les peuples d’Afrique le subiront avec résignation. Quand ils quittent leur pays pour chercher une vie meilleure ou même pour pouvoir continuer à vivre et essaient de franchir nos frontières, l’Europe s’indigne, élève des murs et ferme ses portes pour protéger ses propres territoires.

Les événements récents à LAMPEDUSA, CEUTA ET MELILLA sont le sommet de l’iceberg d’une stratégie d’immigration inhumaine. L’Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières externes des états-membres de l’Union européenne ( FRONTEX ) promeut la militarisation des frontières et les convertit en champs de bataille où le nombre de victimes possibles n’a aucune importance, aussi longtemps qu’il est clair qu’on ne leur permettra pas d’entrer en Europe.

L’action de la Garde civile tirant des balles à blanc et en caoutchouc sur des émigrants sur la plage de Tarajal à Ceuta viole l’obligation d’apporter de l’aide à des gens en situation de danger. C’était un acte criminel dans le sens que les tirs auraient pu causer la mort de 14 personnes. Etant donné que beaucoup de réfugiés avaient un droit à l’asile, le gouvernement était en violation avec la Convention de Genève. En déclarant que le gouvernement espagnol avait agi légalement, Mme Margaret Ashton, représentante de l’Union européenne, est coresponsable de cette action.

Exagérant le nombre de migrants qui cherchent à entrer en Espagne, le Ministre de l’Intérieur essaie d’effrayer le public afin qu’il approuve sa politique. De cette manière, il aspire à justifier l’usage de mesures cruelles et brutales comme des barrières de barbelés et la remise immédiatement à la police marocaines de personnes qui peuvent avoir réussi à passer la frontière, éliminant ainsi la possibilité de chercher asile, ce qui est illégal.

Les Femmes en Noir :

Déclarent leur soutien aux ONGs, collectifs et personnes impliqués dans l’aide aux migrants.
Demandent une investigation et une assomption de responsabilité pour les événements décrits plus haut.
Revendiquent que le Gouvernement et l’Union européenne développent une politique migratoire plus humaine et en accord avec la dignité humaine.
Expriment la nécessité de chercher des actions pour résister au racisme et la xénophobie, intégrant une perspective de genre.
Invitent à une réflexion personnelle sur les attitudes et préjugés en rapport avec l’immigration et au droit de tous les peuples de vivre dans la dignité.

EXPULSONS LA GUERRE DE L’HISTOIRE ET DE NOS VIES

Traduit de l’anglais par Edith Rubinstein, Bélgica


CONVOCATION 26 JANVIER 2014 : NON-VIOLENCE ET REPRESSION


30 Janvier, La Journée Scolaire de la Non-violence et de la Paix

Non-violence et répression


La journée scolaire de la non-violence et de la paix a été célébrée en Espagne chaque 30 janvier depuis 1964. Lors de cette journée, nous célébrons la mort de Gandhi, le défenseur de la lutte pacifique contre l’injustice, dont les pratiques non-violentes ont été suivies par des millions de gens. Gandhi a été le premier à désigner la non-violence (ahimsa) comme un mode de vie.

Les actions pacifiques de Gandhi ont sévèrement été réprimées, ce qui n’a pourtant pas empêché finalement l’accomplissement de leurs objectifs. Il est frappant et ironique que les mobilisations pacifiques aujourd’hui soient aussi fortement réprimées même quand on célèbre la journée internationale de la non-violence. Il est évident qu’en réalité les gouvernements des nations ne font rien pour appliquer les mesures de non-violence dans leurs propres structures, conservant le privilège d’user de violence.

Dans notre pays, de lois nouvelles réduisent même davantage la possibilité de la protestation des citoyens : la réforme du Code pénal, la Loi de la sécurité du citoyen, la loi de la sécurité privée et de nouvelles ordonnances municipales. Ces nouvelles lois consistent en une série de règlements mis en place pour affaiblir les manifestations pacifiques avec des amendes entre 1.000 et 600.000 euros et l’emprisonnement et l’expulsion. Une manifestation assise dans la rue ou devant certains buildings, l’installation d’un stand ou d’une tente serait considéré comme des crimes. Ce n’est pas la violence qui est pénalisée, c’est plutôt la manifestation.

Quelle sorte d’éducation sommes nous en train de transmettre à nos enfants quand d’une part on leur présente une histoire de la non-violence et que d’autre part ils voient que dans les rues des actions pacifiques sont sévèrement réprimées ? Ce genre d’enseignement est aussi peu viable qu’incohérent.

Aujourd’hui, les Femmes en Noir de Madrid veulent aussi commémorer la vie et la pensée de Howard Clark, un compagnon qui nous a quittées en novembre dernier. Il était le Président de l’International des Résistants à la guerre (WRI), une organisation qui a travaillé depuis 1921 pour un monde sans guerre, encourageant et éduquant sur le pacifisme et la non-violence. Dans un de ses derniers articles, Howard Clark jetait le doute sur la répression que les gouvernements exercent contre le peuple qu’ils sont supposés protéger :

« La répression seule est faible. Provoquer le peur du point de vue de ceux qui détiennent le pouvoir, personne ne peut régner longtemps par la peur seulement.
La répression par l’état est une arme à deux tranchants. Elle a pour but d’être un signe de force, d’intimidation des opposants et spécialement des opposants potentiels. Pourtant elle indique aussi une faiblesse, et surtout l’échec du régime de convaincre la population d’intérioriser les restrictions. Les mesures les plus sévères de la répression d’état contre des manifestants non-armés – des massacres, des meurtres et la torture -s’avèrent souvent contreproductives. Entretemps, dans les manifestations anti-« austérité » en Grèce et en Espagne (où je vis), il semble que la police anti-émeutes aient une autorisation d’exercer plus librement la violence que depuis les jours de la dictature.

Devrions-nous voir ce genre de répression comme un signe de faiblesse ? Je le crois, malgré les autres éléments présents dans la stratégie pour inculquer une culture de peur et de soumission. »

Ayant fait des recherches sur les processus et les stratégies de la non-violence dans le monde entier, Howard nous montre aussi des alternatives qui sont à notre portée. Notre meilleur hommage à sa vie en ce jour spécial est que ces mots et ses idées, restent toujours dans notre mémoire :

« Une des clés de la stratégie de non-violence est d’installer des groupes, à travers eux, des mouvements qui mettent les gens en contact avec leurs propres sources de pouvoir – le pouvoir de communiquer, d’organiser et de construire un soutien, d’ouvrir des espaces sociaux, ou de refuser ou de perturber ce qui ne va pas et de montrer une alternative. »

« Nous avons tous besoin de l’espoir que l’inhumain ne triomphera pas »

Traduit de l’anglais par Edith Rubinstein, Bélgica